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La Sphere

Take Me Away

13 Septembre 2012 , Rédigé par La Sphere Publié dans #One Day, One Mood, One Track

 

 

Willis Earl Beal est né et fut élevé à Chicago, Illinois. Ici s'arrête pour lui ce qu'on appelle communément "une vie normale"... Car le parcours de cet artiste hors-norme, considéré aux USA comme un Outsider (en marge de la société), tient du scénario hollywoodien.

Du haut de ses 20 ans, Beal rejoint l'armée, à Fort Leonard Wodd, dans le Missouri. Mais rapidement il sera renvoyé pour cause de problèmes intestinaux. De retour à Chicago, il trouve un job de gardien de nuit à la Sears Tower.

En 2007, Beal déménage à Albuquerque, Nouveau-Mexique. Pour se nourrir, il enchaîne petits boulots sur petits boulots (gardien de nuit, coursier...), mais la précarité le rattrape vite, et quelques mois plus tard, il se retrouve au chômage, puis à la rue. Cette période sombre va permettre à Beal de trouver un échappatoire à cette situation: La musique.

Il se met à écrire des chansons et à les chanter en s’accompagnant d’une vieille guitare: 

“J’ai d’abord chanté dans la rue, pour quelques dollars. J’ai acheté un peu de matériel, une karaoke box avec un micro pour commencer, puis une guitare, une petite harpe. J’ai voulu enregistrer. C’était une question de survie. Je devenais parfois vraiment dingue, maniaque, je parlais aux étoiles. Ou j’étais totalement déprimé, j’appelais ma grand-mère en larmes : des hauts vraiment hauts et des bas vraiment bas. Je dansais dans le feu.”

Il se prend en main et parcourt les rues en posant ça-et-là des CD de ses compos et des flyers où, à côté de son numéro de téléphone, il explique qu’il cherche désespérément des amis:

« Écrivez-moi et je vous ferai un dessin. Appelez-moi et je vous ferai une chanson. C’était mon moyen de demander de l’aide. Le magazine Found a mis la main sur un flyer, l’a publié et m’a interviewé par téléphone. Des gens ont commencé à m’appeler de tous les Etats-Unis ! L’un d’eux était le rappeur Mos Def…”

À partir de là, tout bascule. La presse locale commence à s'intéresser à cet écorché vif à la voix brute, suivie rapidement des éloges de la presse internationale. Des artistes comme Damon Albarn et Mos Def crient au génie. Le label XL, toujours sur les bons coups, flaire la bonne affaire et signe Beal pour enregistrer un album, "Acousmatic Sorcery".

Ce premier long format rassemble une sélection des premières chansons de Beal, dont l'incroyable "Take Me Away". Et le résultat est à la hauteur du personnage: Un son brut, lo-fi, primitif, écorché, hargneux, totalement "free", qui s'inspire largement du Blues et de la Soul..!

 

Willis Earl Beal : "Take Me Away"

Album : Acousmatic Sorcery (Hot Charity/XL Recordings/2012)

 

Acousmatic-Sorcery.jpg

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